
Communiqué de presse – 25 novembre
2004
88% des familles
en situation de handicap
estiment ne pas être intégrées dans la
société française
La publication des
résultats de la 8ème enquête nationale d’opinion*
réalisée par Handicap International et ses partenaires
l’Apajh** et Leroy Merlin, permet de souligner à
la veille de la journée internationale des personnes
handicapées du 3 décembre, l’inquiétude
des familles en situation de handicap, et les difficultés
qu’elles rencontrent au quotidien.
Alors que 89 % des familles interrogées estiment que
les pouvoirs publics ne s’intéressent pas à
elles, 36 % estiment que le projet de loi pour « l’égalité
des droits et des chances, la participation et la citoyenneté
des personnes handicapées » n’aura pas de
répercussions importantes. 50% estiment quant à
elles ne pas être suffisamment informées quant
à son contenu.
Après l’année européenne des personnes
handicapées en 2003, le projet de loi était salué
par le Chef de l’Etat comme une réforme «
qui allait permettre de lever les obstacles à l’accessibilité
dans tous les domaines de la vie sociale ». Pourtant,
la situation de ces familles ne semble pas s’améliorer.
UNE
PRISE EN COMPTE DU HANDICAP PAR LA SOCIETE, TOUJOURS TRES CRITIQUEE
Comme dans ses précédentes éditions, l’enquête
indique une remarquable stabilité des résultats
qui réaffirment les inquiétudes et insatisfactions
des familles en situation de handicap.
Une
annonce du handicap maladroite
• 65 % des familles déclarent
que l’annonce du handicap de leur enfant a été
mal faite (contre 59 % en 2003), voire très mal faite
pour 43 % d’entre elles.
Un
accès aux infrastructures publiques évalué
sévèrement
• 70 % des foyers incriminent la circulation
piétonne et les transports publics. (idem en 2003)
• 4 familles sur 10 jugent l’accès
à l’école difficile.
Précarité
• 44 % des familles en situation de handicap
rencontrent des problèmes financiers (idem en 2003)
Crainte
face à l’avenir de l’enfant
• 72 % des parents sont inquiets
quant à l’avenir de leur enfant handicapé
ou polyhandicapé, tant dans la prise en charge par une
structure adaptée que pour son avenir professionnel ou
sa vie affective.
• 87 % des parents sont inquiets du devenir
de leur enfant après leur mort (idem en 2003)
…/…
UNE
GESTION QUOTIDIENNE DU HANDICAP DIFFICILE : DES LOGEMENTS INADAPTES
L’irruption du handicap dans une famille implique nécessairement
une transformation de l’habitat pour le rendre accessible
et adapté. Or, aujourd’hui, l’enquête
démontre qu’un quart de ces familles vit dans un
logement qui ne correspond pas à leur mode de vie, plus
d’un tiers lorsque l’enfant est handicapé
physique ou polyhandicapé.
Des
pièces peu accessibles
• Plus d’une famille sur deux vivant
dans un logement inadapté estiment avoir des difficultés
d’accès aux pièces les plus importantes
de la maison, telles que les sanitaires ou les chambres.
Des
travaux indispensables mais coûteux
• 45 % des familles considèrent
que des travaux d’aménagement sont indispensables
et urgents.
• 82 % des familles ayant réalisé
des travaux ou qui envisagent de le faire les considèrent
comme chers, voire très chers.
• 38 % déclarent ne pas avoir
effectué de travaux pour des raisons liées au
manque de moyens financiers.
Une
grande solitude constatée : des aides financières
peu connues
• 47% des familles ayant réalisé
des travaux ou envisageant d’en effectuer n’ont
fait ou ne pensent pas faire appel à une structure particulière
tant pour concevoir l’aménagement que pour le financer.
Des
achats d’équipement orientés vers des magasins
spécialisés
• 66 % des familles achètent de
l’équipement ou du matériel spécifique
dans des magasins spécialisés.
Toutefois, la nature du handicap influe sur le lieu d’achat.
Respectivement 64% et 84%
des parents d’enfants handicapés physique et polyhandicapés
optent pour les magasins spécialisés alors que
plus de la moitié des parents d’enfants
handicapés sensoriel et intellectuel se fournissent dans
les magasins grand public.
SCEPTISCISME
QUANT AU PROJET DE LOI
30 ans après la loi du 30 juin 1975, Handicap International
et l’Apajh réaffirment leurs inquiétudes
sur les dispositifs du nouveau projet de loi au regard :
• des écarts importants entre les principes
annoncés par le gouvernement et la réalité
du texte aujourd’hui
• des modalités de mise en œuvre
peu précises
Le texte du projet de loi actuellement en discussion n’offre
pas de réelles garanties sur l’amélioration
des ressources et de l’accessibilité. Un grand
nombre des difficultés actuelles, telles que ressenties
par les familles interrogées dans le cadre de cette enquête
entrent dans le champ du « droit à compensation
» du handicap. Cependant, alors même que la grande
avancée de la loi réside dans la mise en place
de ce droit, et ce quel que soit l’âge, le niveau
de ressources ou la nature du handicap, de multiples incertitudes
subsistent sur le financement de cette prestation.
Contact presse :
Sophie Couturier : 01 43 14 87 02 / 06 60 97
09 38
scouturier@handicap-international.org
La résultats
complets de cette enquête sont disponibles sur demande
* Réalisée par téléphone
par l’Institut Ipsos en septembre 2004, auprès
de 502 foyers répartis sur l’ensemble de la France
métropolitaine (années précédentes
: enquête auto-administrée). Echantillon de la
population représentatif des abonnés au magazine
Déclic édité par Handicap International,
hors institutions, associations et corps médical. Les
quotas mis en place étaient le sexe et la région.
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Association pour les Adultes et Jeunes Handicapés.
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