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TSUNAMI,
UN AN D’ACTION
DE HANDICAP INTERNATIONAL
INDONÉSIE
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Handicap
International a dépêché une mission
d’évaluation du 6 au 15 janvier 2005 dans
la province d’Aceh, la plus gravement atteinte de
toutes les régions affectées par le tsunami.
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L’intervention directe d’expatriés
de l’association, qui a démarré dès
la mi-janvier, en faveur des victimes du tsunami, a progressivement
cédé la place à un soutien aux acteurs
locaux intervenant en faveur de l’ensemble des personnes
handicapées. Loin d’être un désengagement
de notre part, la montée en puissance de nos actions
de « développement » s’est accompagnée
d’un renforcement de nos équipes.
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L’agrément de Handicap
International auprès du ministère indonésien
de la Santé a permis à l’association
d’engager des partenariats sur plusieurs années
avec des acteurs indonésiens intervenant dans le domaine
du handicap et de la réadaptation physique.
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Ressources humaines mobilisées
: Handicap International a recruté 41 expatriés
entre janvier et octobre 2005, pour des périodes allant
de 15 jours à 2 ans. Parmi eux, 16 kinésithérapeutes
respiratoires sont intervenus durant la période d’urgence,
ainsi que 6 autres kinésithérapeutes, 4 ergothérapeutes,
1 orthoprothésiste. Aujourd’hui, notre effectif
est au plus haut : 13 expatriés sont sur place et
53 Indonésiens sont employés par l’association.
Les
actions de réadaptation
physique menées par Handicap International en Indonésie
en faveur des victimes du tsunami sont financées
par le service d’aide humanitaire de la Commission
européenne (ECHO).
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Les actions de Handicap
International en Indonésie bénéficient du soutien
de la Chaîne du Bonheur.
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SANTE
ET SOINS
Au cours de l’année
2005, Handicap International est passé de l’intervention
directe de kinésithérapeutes expatriés
dans les hôpitaux à des soins décentralisés
(dans les camps, dans les dispensaires de village voire à domicile),
et à des actions de formation pour renforcer les capacités
du personnel local. Les victimes directes du tsunami ne représentent
que 15 à 20% des cas traités par Handicap International.
Pour la majorité des patients, l’intervention
de Handicap International s’explique par la conjonction
d’un accès limité aux soins, des effets
du conflit armé et du tsunami. L’association
est également intervenue sur l’île de
Nias entre mai et août, suite au tremblement de terre
du 28 mars.
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INTERVENTION DIRECTE DE KINESITHERAPEUTES
Suite au tsunami, les services de santé de
la province d’Aceh n’étaient pas
en mesure de faire face seuls au nombre de blessés,
du fait des pertes humaines et matérielles
qu’ils avaient subies et de l’absentéisme
des personnels qui recherchaient leurs proches. De
janvier à début avril 2005, Handicap
International a déployé des expatriés
dans 7 hôpitaux de la zone.
>> 451 patients ont été traités
dans les hôpitaux de la province.
FOURNITURE DE MATERIEL AUX STRUCTURES DE SANTE ET
AUX PERSONNES |
Pour faire face aux destructions et au manque
de matériel, les deux écoles de kinésithérapeutes à Banda
Aceh ont été complètement remises à neuf,
le service de réadaptation fonctionnelle et d’appareillage
de l’Hôpital central de Banda Aceh a été entièrement
ré équipé. Les hôpitaux de Sigli,
Meulaboh et Bireuen ont également reçu du matériel.
Des distributions directes d’aides techniques individuelles
aux personnes handicapées ont également eu
lieu.
>> 225 équipements
de réadaptation
fonctionnelle, 146 équipements de kinésithérapie
respiratoire, 49 équipements d’ergothérapie,
3 unités d’électrothérapie,
114 orthèses, 182 fauteuils roulants, 450 béquilles
et 104 autres aides à la mobilité ont été distribuées,
entre janvier et octobre.
SOINS AUX PERSONNES HANDICAPEES AU SEIN
DE LEUR COMMUNAUTE
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En
mars, pour répondre aux besoins
des personnes handicapées dans les camps de déplacés
ou au sein de leur communauté, Handicap International
a mis en place un programme « outreach »,
permettant d’aller à leur rencontre, avec
un kinésithérapeute expatrié, 4
kinésithérapeutes indonésiens et
8 travailleurs sociaux. Des consultations ont été organisées
dans 12 centres de santé primaires (« puskesmas »),
identifiés en partenariat avec l’Office
provincial de santé : 6 à Banda Aceh, 6 à Meulaboh.
En 2006, un nouveau groupe de puskesmas sera ciblé,
en mettant l’accent sur des zones où l’accès
aux soins est difficile, en raison de leur éloignement
ou de l’isolement dans lequel le conflit entre
indépendantistes et forces gouvernementales les
avait laissées.
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>> 1 011 patients ont été vus
dans les puskesmas ou à proximité, 1 229
visites à domicile
ont été effectuées (entre janvier
et octobre).
AMELIORATION DE LA READAPTATION PHYSIQUE
ET DE L’APPAREILLAGE SUR LE LONG TERME
Au cours de la phase
d’urgence, Handicap International
a identifié des besoins d’appui en formation
dans les deux domaines suivants :
- Sur le plan de la réadaptation physique (plus particulièrement
la kinésithérapie respiratoire et les soins aux
amputés et aux paralysés), les structures de
santé manquaient de matériel, les enseignements
avaient besoin d’être actualisés/complétés,
et les connaissances théoriques d’être
mieux mises en pratique.
- Sur le plan de l’appareillage, l’Indonésie
ne comptait que 19 orthoprothésistes formés localement
et un seul centre de formation (à Solo, sur l’île
de Java), dans lequel la formation ne correspondait pas aux
standards internationaux. Ces observations ont conduit Handicap
International à nouer un partenariat avec deux écoles
de kinésithérapie de Banda Aceh, ainsi qu’un
partenariat sur cinq ans avec l’école d’orthoprothésistes
de Solo
• Soins aux amputés
A
partir de mars, Handicap International a participé à une
campagne d’information sur l’importance du suivi
médical des amputés afin d’éviter
les complications. Des journées de consultations spécifiques
ont été organisées à l’Hôpital
général de Banda Aceh : un kinésithérapeute
de l’association, un chirurgien orthopédiste
et un médecin ont établi des diagnostics et
priorisé les cas, pour permettre un appareillage rapide
des cas les plus urgents. Le suivi des personnes amputées
se poursuit, sous la coordination de Handicap International,
avec la participation de deux hôpitaux de référence
en chirurgie orthopédique, situés à Solo
et Jakarta, chargés de l’appareillage des patients.
>> 180
personnes amputées ont été appareillées.
• Kinésithérapie
Le
personnel des hôpitaux
de la province a été formé à de
nouvelles techniques et spécialités (ex. :
kinésithérapie respiratoire), pour compléter
et renforcer les techniques habituellement utilisées
(4 ateliers de formation continue). Des partenariats ont été mis
en place pour que les étudiants kinésithérapeutes
effectuent des stages pratiques en milieu rural à la
fin de leur formation.
>> 35
kinésithérapeutes indonésiens
et 60 étudiants kinésithérapeutes
ont participé à des formations sur la kinésithérapie
respiratoire et la prise en charge des lésions de
la moelle épinière. Par ailleurs, 13 enseignants
des deux écoles de kinésithérapie
de Banda Aceh ont participé à une formation
de formateurs en juillet.
• Appareillage
Un partenariat de
3 à 6 ans a démarré en septembre 2005
avec l’unique école d’orthoprothésistes
d’Indonésie et plusieurs hôpitaux.
- Le cursus de formation des l’école d’orthoprothésistes
de Solo (sur l’île de Java) sera progressivement
modifié à partir de la rentrée 2006. À terme,
l’école doit accéder à la reconnaissance
internationale de niveau 2 (sur une échelle de trois) établie
par l’ISPO (International Society for Prosthetics and
Orthotics).
- Dans les hôpitaux où les étudiants
effectuent leurs stages pratiques (à Solo et Semarang),
une mise à niveau préalable du matériel
et des compétences des orthoprothésistes en
exercice est réalisée.
- Des partenariats seront développés à l’échelle
de la région Asie-Pacifique pour faciliter les échanges
entre prothésistes et kinésithérapeutes,
et la formation continue des techniciens déjà formés.
- Trois expatriés travaillent sur ce projet depuis
l’été 2005. Ils sont chargés de
réviser le contenu des enseignements de l’école,
d’organiser la formation des professeurs de l’école
et des maîtres de stage et d’améliorer
les technologies employées pour la fabrication des
prothèses.
- Au dernier trimestre 2005, un équipement spécialisé d’une
valeur de plus de 240 000 euros a été mis à disposition
de ces structures.
INTEGRATION DES PERSONNES HANDICAPEES
Les destructions massives engendrées par le tsunami
représentent paradoxalement une opportunité unique
pour que les bâtiments réhabilités ou
reconstruits répondent aux standards universels d’accessibilité,
au bénéfice des personnes handicapées,
mais aussi d’autres personnes à mobilité réduite
comme les personnes âgées par exemple.
Très peu d’information était disponible
jusqu’ici, au sujet des personnes handicapées
de la région ; il n’existait notamment pas d’associations
de personnes handicapées. Ce qui a conduit Handicap
International à mener des campagnes de sensibilisation, à effectuer
une enquête socio-économique, et à chercher
des partenaires pour la défense des droits des personnes
handicapées et leur insertion économique.
INTERVENTION DANS LE PROCESSUS DE RECONSTRUCTION
• Partenariat avec l’ONU-Habitat sur l’accessibilité
Le Programme des Nations unies pour
les établissements
humains (ONU-Habitat), qui coordonne la reconstruction des
habitations et des infrastructures publiques dans la province
d’Aceh, a désigné Handicap International
comme organisation référente sur les questions
d’accessibilité. Dans ce cadre, l’association
met à disposition de l’ONU-Habitat, jusqu’à la
fin de l’année, une experte en accessibilité,
pour assurer un conseil technique aux programmes d’hébergement
des sinistrés et de reconstruction sur l’ensemble
de la province d’Aceh.
• Des bâtiments accessibles témoins
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Handicap
International a présenté plusieurs bâtiments
témoins, où l’adaptation de l’environnement
apportait une plus grande autonomie aux personnes handicapées,
modifiant ainsi la relation entre habitat, communauté et
personne handicapée. Ces adaptations de l’espace
intérieur ont été réalisées
par des personnes handicapées et leurs familles,
avec l’aide de Handicap International.
L’association a développé un prototype
d’hébergement permanent, qui a constitué une
référence pour les programmes de reconstruction
de très grande ampleur dans la province.
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Handicap
International a également
travaillé sur l’accessibilité des
structures de santé, notamment dans une des puskesmas
où l’association prodiguait des soins. L’amélioration
de l’accessibilité de ces structures a servi
de modèles à d’autres organisations
humanitaires intervenant dans la réhabilitation
des centres de santé.
>> adaptation du centre de santé de
Sibreh (Banda Aceh)
>> adaptation de 8 maisons témoins occupées
par des personnes handicapées,
avec la participation d’artisans locaux.
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• Sensibilisation
des acteurs de la reconstruction
Afin que les bâtiments reconstruits soient accessibles à tous,
Handicap International a organisé des formations pour
les acteurs de la reconstruction et créé des
supports de sensibilisation à destination des professionnels
du bâtiment et des travaux publics, ainsi que des particuliers.
L’association est intervenue en conseil sur plan pour
les reconstructions individuelles et les bâtiments
publics. Les associations de personnes handicapées
ont relayé les actions de Handicap International sur
la question de l’accessibilité.
>> Formation de 50 employés
de l’ONU-Habitat et de la Banque mondiale, de 50 étudiants
architectes, de 50 ingénieurs, chefs de chantier
et maçons.
>> Séminaires sur l’accessibilité pour
50 représentants d’ONG et 20 journalistes
indonésiens.
>> Campagne d’information sur l’accessibilité,
par voie de dépliants, posters, autocollants…
INTEGRATION SOCIO-ECONOMIQUE
DES PERSONNES HANDICAPEES
• Défense
des droits des personnes handicapées
Très peu d’information
sur les personnes handicapées d’Aceh était
disponible quand Handicap International est arrivée
sur place. Il n’y avait pas d’association de
personnes handicapées visible ou organisée.
Personne ne défendait leur cause auprès des
autorités locales ou des services sociaux et de santé.
Dans le cadre de l’aide post-tsunami, elles n’étaient
pas entendues, elles ne bénéficiaient pas d’une
prise en compte particulière.
En attendant d’identifier
des partenaires associatifs locaux, Handicap International
a mené des actions
de sensibilisation au handicap dans la région.
>> Plus
de 500 élèves,
20 enseignants et 30 enfants handicapés ont participé à une
campagne de sensibilisation au handicap, dans 8 écoles
de Meulaboh.
Au mois d’août, Handicap International
a initié un partenariat avec une plate-forme nationale
d’associations traitant du handicap, la Persatuan
Penyandang Cacat Indonesia (PPCI), pour mettre en place, à l’échelle
régionale, des actions de plaidoyer, d’information,
de sensibilisation sur la question du handicap, et ainsi
peser davantage en faveur de l’intégration
sociale des personnes handicapées
• Enquête
sur la situation économique des personnes handicapées
Les travailleurs
sociaux de Handicap International ont mené un travail
d’identification des personnes handicapées
sur la zone. Un questionnaire et une base de données
ont été développés pour recueillir
des informations sur leurs conditions de vie, leurs besoins
et leurs aspirations. L’enquête a été menée
auprès de 160 personnes handicapées de Banda
Aceh et de 94 personnes handicapées à Meulaboh.
Il en est ressorti que leurs préoccupations concernaient
prioritairement leurs moyens de subsistance économique.
Sur la base de ces réponses, et pour éviter
la duplication des initiatives, Handicap International a
mis en relations les personnes handicapées avec des
ONG déjà impliquées dans les activités
génératrices de revenu.
>> 94
personnes handicapées
de Meulaboh et leurs familles ont été référées
vers des projets d’activités génératrices
de revenu : 14 ont reçu un petit capital de départ,
4 ont trouvé un emploi, 75 candidatures sont encore
en cours de traitement.
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