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COMMUNIQUE DE PRESSE - 17 novembre 2004

Handicap International s’inquiète de la position ambiguë
de la France dans le combat contre les mines

 

A l’occasion de la sortie du Landmine Monitor 2004*, le 18 novembre 2004, Handicap International a fait part de son inquiétude sur la position actuelle de la France qui refuse de faire entrer certaines mines antichar dans le cadre du Traité d’Ottawa. Celles qui sont munies d’allumeurs sensibles se déclenchent en effet au passage des êtres humains, se comportant de facto comme des mines antipersonnel. L’association a également souligné le nombre toujours aussi alarmant de victimes (une victime toute les 30 minutes, soit entre 15 000 et 20 000 victimes estimées par an) qui ne diminuent pas suffisamment, bien que 152 pays soient aujourd’hui signataires du Traité d’interdiction. L’association a enfin dénoncé la puissance militaire extraordinaire des pays non signataires, dont les USA, la Chine et la fédération de Russie et appelé la communauté internationale à se mobiliser à l’occasion de la prochaine conférence de Nairobi.

Le Landmine Monitor 2004, un rapport « coup de poing » pour faire pression sur les Etats ! Cette année, à l’occasion de la conférence d’examen de Nairobi à laquelle il sera présenté, le rapport Mondial contre les mines fait notamment le bilan des actions contre les mines depuis 1999, date d’entrée en vigueur du Traité d’Ottawa (1). Rapport « coup de poing », son objectif cette année est plus que jamais de faire pression sur les Etats afin qu’ils tiennent leurs engagements. L’enjeu est de taille. Il s’agit d’établir le nouveau plan d'action 2005/2009 pour un monde sans mines ; le prochain nombre de victimes des mines dans le monde, dépend désormais des nouveaux accords de Nairobi !

Une puissance destructrice des Etats non signataires, redoutable ! Si à ce jour, les trois-quarts du monde, soit 152 pays, ont accepté d'interdire les mines antipersonnel, 42 Etats refusent toujours de signer le Traité (Etats-Unis, Chine, fédération de Russie,…), représentant une force militaire très importante : 182 millions de mines stockées, et environ 574 milliards de dollars consacrés chaque année au titre de la défense par ces pays, contre 287 pour les pays signataires.

1 victime toutes les 30 minutes ! En cinq ans, grâce aux efforts combinés des Etats et des ONG, 1 100 km2 ont été dépollués. Mais cette superficie représente à peine celle de la Martinique, bien peu en regard de ce qui reste à faire… Le "terrain miné" de la planète est immense : 83 pays et 9 territoires sont toujours minés ! Et même si 4 millions de mines antipersonnel, 1 million de mines antivéhicule, et plusieurs millions de munitions non explosées (UXO) ont bien été détruites sur le terrain, ces engins font chaque année, 1 victime estimée toutes les 30 minutes, soit 15 à 20 000 nouvelles victimes civiles gravement blessées ou tuées, dont plus de 20 % sont des enfants !

La France, une position ambiguë dans le combat contre les mines ! La 1ère conférence d'examen de Nairobi cinq ans après l'entrée en vigueur du Traité d'Ottawa, est pour Handicap International qui y participe, l'opportunité d’interpeller les Etats, en particulier la France, afin qu’ils tiennent leurs engagements. Ainsi, même si la France fait partie des premiers Etats signataires du Traité (mars 1999) et si elle a détruit ses stocks, elle tient cependant aujourd'hui une position ambiguë. Notamment sur la question des mines antichar à allumeurs sensibles, qu'elle refuse de faire entrer dans le cadre du Traité d’Ottawa, alors que nombre d’entre elles explosent au passage des êtres humains, se transformant de facto en mines antipersonnel !

Combat contre les mines antipersonnel, les dates qui font l'événement

1992 : Handicap International fonde avec 5 organisations, la Campagne internationale pour interdire les mines (ICBL).
1997, Ottawa (1) : 123 pays signent le Traité d'interdiction des mines antipersonnel. La même année, Le Prix Nobel de la paix est décerné collectivement aux associations regroupées au sein de la Campagne internationale, aujourd'hui au nombre de 1400.
1998 : la Campagne internationale crée l'Observatoire des mines qui vise à contrôler la mise en application et le respect du Traité d'interdiction des mines.
1999 : le Traité entre en vigueur, L'Observatoire produit la première édition du rapport Mondial contre les mines.
2003, La Haye : Handicap International lance la coalition contre les bombes à sous munition des "mines antipersonnel qui ne disent pas leur nom". 115 ONG de 47 pays font partie de ce collectif
2004, Nairobi - Kenya : 1ère conférence d'examen de la Convention d'Interdiction des mines antipersonnel.

 

Contact presse :
Sophie Couturier : 01 43 14 87 02 / 06 60 97 09 38
scouturier@handicap-international.org

* : 1300 pages. Produit par le « Landmine Monitor Core Group » constitué des organisations suivantes : Human Rights Watch, Handicap International, Kenya Coalition Against Landmines, Mines Action Canada, Norwegian People’s Aid.
Consultable à partir du 18/11/2004 sur : www.icbl.org/lm/2004
** : 29 novembre / 3 décembre 2004 : Nairobi – Kenya
 
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