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TSUNAMI, UN AN D’ACTION
DE HANDICAP INTERNATIONAL

SRI LANKA

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  • L’intervention de Handicap International remonte au début des années 1990, avec le formation de kinésithérapeutes à Jaffna et d’orthoprothésistes à Colombo. Interrompue en 1993 pour des raisons de sécurité, son action a redémarré en 2003, pour une mission sur le déminage, puis en juin 2004, pour la création d’un centre de réadaptation physique à Batticaloa.
  • Handicap International a pu immédiatement intervenir en faveur des blessés et des populations sinistrées. Depuis le tsunami, Handicap International a étendu ses actions à trois nouveaux districts, Ampara, Hambantota et Trincomalee, et a ouvert un bureau de coordination nationale à Colombo.
  • La situation a considérablement évolué après la période d’urgence. A partir d’avril, seulement 7% des personnes traitées par Handicap International l’étaient pour des raisons liées au tsunami. Les actions de l’association s’adressent aujourd’hui à l’ensemble des personnes handicapées.
  • Ressources humaines mobilisées : notre effectif aura doublé entre août et décembre 2005, passant de 16 à 20 expatriés et de 52 à 100 collaborateurs locaux. Au total sur l’année 2005, 56 postes expatriés auront été ouverts par l’association, dont 28 kinésithérapeutes respiratoires, 2 ergothérapeutes, 7 kinésithérapeutes, 1 orthoprothésiste, pour des périodes allant de 15 jours à 2 ans.
Les actions de réadaptation physique menées par Handicap International au Sri Lanka en faveur des victimes du tsunami sont partiellement financées par le service d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO).



 

 


 

SANTE ET SOINS

Handicap International a été très fortement impliquée dans la coordination de l’aide d’urgence et a assuré des soins de kinésithérapie respiratoire aux victimes du tsunami, en mobilisant des kinésithérapeutes expatriés. L’association est progressivement passée de l’intervention directe dans des hôpitaux et de la coordination de cliniques mobiles, à des actions de formation du personnel local. Handicap International gère toujours le centre de réadaptation physique et d’appareillage de Batticaloa, et a mis en place un système décentralisé, pour toucher les personnes handicapées au sein de leurs communautés.

>> Entre janvier et septembre inclus, 14 333 personnes ont bénéficié d’une consultation ou de soins, soit 42 905 consultations, avec une moyenne de 3 consultations par patients

INTERVENTION DIRECTE DE KINESITHERAPEUTES

Pendant les quatre premiers mois d'intervention, Handicap International a déployé des kinésithérapeutes expatriés dans 11 hôpitaux des districts de Batticaloa, d’Ampara et d’Hambantota, ainsi que dans des centres de santé primaire et des camps de personnes déplacées. Ils ont eu un rôle spécifique en kinésithérapie respiratoire, pour traiter les nombreuses victimes du tsunami ayant inhalé de l’eau de mer et des débris qui développaient des infections respiratoires sérieuses.

>> 2 750 patients ont bénéficié de kinésithérapie respiratoire dans les hôpitaux jusqu’à mi-mai.

L’intervention directe de kinésithérapeutes expatriés s’est terminée mi-mai pour laisser la place à des formations spécifiques pour les professionnels sri-lankais. Les problèmes respiratoires demeurent la première cause de mortalité au Sri Lanka, mais ils représentaient déjà un problème de santé publique structurel avant le tsunami, auquel il faut désormais répondre par une meilleure formation des professionnels locaux.

© J.-M. Delage pour Handicap International

 

GESTION D’UN CENTRE DE READAPTATION PHYSIQUE

Handicap International avait inauguré en novembre 2004 son centre de réadaptation physique à Batticaloa. Cette structure fournit des prothèses, des orthèses, des aides à la marche, ainsi que des soins de réadaptation. Au cours de l’année, sa couverture a été progressivement étendue par l’ouverture de centres satellites dans les districts de Batticaloa, d’Ampara et de Trincomalee.

© J.-M. Delage pour Handicap International

Le centre a une capacité de production d’environ 20 prothèses/orthèses par mois, avec une liste d’attente d’environ 200 personnes (uniquement des patients d’avant le tsunami et les personnes recensées dans les camps de déplacés internes). Les besoins réels sont bien supérieurs. Le recrutement de deux expatriés supplémentaires (un orthoprothésiste et un kinésithérapeute, en cours) sur une durée de 6 mois devrait permettre de faire face à cette demande avant d’envisager d’élargir la prospection vers d’autres patients.


>> Au 30 septembre, 1 823 patients ont été enregistrés par le centre, 1 278 consultations thérapeutiques ont eu lieu, 637 aides techniques ont été distribuées ou réparées, 117 personnes ont bénéficié de soins de kinésithérapie

Le centre a également élargi le champ de ses activités pour faire le lien avec les autres aspects du programme de Handicap International, pour l’intégration sociale des personnes handicapées : organisation de groupes de parole, articulation avec le centre de ressources pour personnes handicapées de Batticaloa. Des contacts seront pris en 2006 avec l’Hôpital de Batticaloa, afin que la gestion du centre lui soit transférée d’ici à cinq ans.

SOINS AUX PERSONNES HANDICAPEES AU SEIN DE LEUR COMMUNAUTE

Après le tsunami, le ministère de la Santé sri-lankais a identifié un manque de services de réadaptation et d’appareillage dans les districts de l’Est du pays. Handicap International a répondu par la mise en place de centres satellites en lien avec son centre de réadaptation de Batticaloa. Pour éviter toute redondance dans l’offre de services, l’association a choisi de former des travailleurs sociaux dépendant du ministère de la Santé et a fourni 58 bicyclettes pour qu’ils puissent se rendre dans les communautés, à la rencontre des personnes handicapées.

© DLVT / Handicap International
Situés dans des lieux médico-sociaux ouverts au public, les centres satellites accueillent une fois par semaine les personnes référées par des médecins sri-lankais ou les travailleurs sociaux du ministère, pour recevoir des aides à la mobilité, des soins en kinésithérapie assurés par des kinésithérapeutes de Handicap International ou bénéficier d’un appareillage au centre de Batticaloa. Dans ce dernier cas, les mesures sont prises par les travailleurs sociaux ou les kinésithérapeutes, le transport du patient vers Batticaloa est assuré, la fabrication et les essayages de la prothèse ou de l’orthèse s’effectuent à Batticaloa, et le suivi ultérieur est assuré par les centres satellites.

>> 4 centres satellites dans le district de Batticaloa, 4 autres dans le district d’Ampara. Ouverture de centres satellites dans le district de Trincomalee en novembre-décembre.
>> Au 30 septembre, 105 patients avaient bénéficié de soins de réadaptation.

 

AMELIORATION DE LA READAPTATION PHYSIQUE ET DE L’APPAREILLAGE SUR LE LONG TERME


• Kinésithérapie

L’intervention directe des kinésithérapeutes de Handicap International répondait au manque de professionnels sri-lankais formés en kinésithérapie respiratoire. Passée la phase d’urgence, l’objectif a été de renforcer les capacités locales dans ce domaine, et de sensibiliser le corps médical au grand intérêt de cette spécialité.

Sur le plan national, Handicap International est engagée dans des actions de promotion de la kinésithérapie respiratoire et appuie l’Ecole nationale de kinésithérapie de Colombo pour l’amélioration de la formation dans ce domaine.

Dans les hôpitaux des trois districts où Handicap International est intervenue (Batticaloa, Ampara et Hambantota), des protocoles de formation pour les médecins, les kinésithérapeutes et les infirmiers ont été mis en place en juin 2005.

>> 69 professionnels de santé ont bénéficié d’une formation ciblée sur les pathologies respiratoires.

• Réadaptation à base communautaire

La réadaptation à base communautaire (RBC) est une rééducation qui s'appuie sur la famille et l'entourage de la personne handicapée. Notre équipe leur montre les gestes simples à effectuer régulièrement, pour participer à la réadaptation de la personne, les aident à rendre leur maison adaptée au handicap et les conseillent sur les moyens de répondre à l’ensemble des besoins. Ce travail de proximité permet également de sensibiliser les communautés à la question du handicap.

© DLVT / Handicap International

Les travailleurs communautaires du ministère de la Santé bénéficient d’une formation continue de six mois, leur permettant d’identifier les différents types de handicap et les initiant aux gestes élémentaires de réadaptation physique. Ils peuvent ainsi référer les personnes handicapées vers les centres satellites, prendre les éventuelles mesures nécessaires pour un appareillage et assurer le suivi des patients.

• Appareillage

Pour renforcer le personnel de notre centre de réadaptation de Batticaloa, deux Sri Lankais ont été recrutés et sont formés à l’appareillage en Inde chez notre partenaire Mobility India. Deux autres sont en cours de recrutement pour être formés comme assistants.

 

INTEGRATION DES PERSONNES HANDICAPEES

Au Sri Lanka comme dans de nombreux pays, les personnes handicapées sont confrontées dans leur vie quotidienne à l’inaccessibilité physique de quantité de lieux, mais aussi à un accès difficile voire impossible à l’emploi et aux autres activités sociales. L’expérience montre que ce sont les associations locales de personnes handicapées qui sont le mieux à mêmes de défendre leurs droits. Handicap International a pu apporter son soutien à un réseau dynamique d’associations nationales, centrées sur Colombo. Dans les districts de l’Est et du Sud-Est, en revanche, un tel tissu n’existe pas et Handicap International entend contribuer à son émergence.


ACCESSIBILITE DANS LES CAMPS DE PERSONNES DEPLACEES

© DLVT / Handicap International
En dépit d’actions de sensibilisation dans le cadre de la coordination de l’aide, la mise en place des camps semi-permanents s’est généralement faite sans prise en compte des besoins spécifiques des personnes handicapées, des personnes âgées ou encore des femmes enceintes, en termes d’accessibilité. Handicap International a constaté :
- un accès limité ou impossible à l’eau potable, aux latrines et aux sanitaires,
- une prise en compte faible ou nulle de ces personnes dans les distributions de nourriture et de biens de première nécessité ou dans les activités génératrices de revenu,
- l’absence d’intégration des enfants handicapés dans les programmes d’éducation.

Face à cette situation, Handicap International mène les activités suivantes, dans les districts de Batticaloa et d’Ampara :
- conseil technique sur la mise en accessibilité des équipements et l’amélioration de la mobilité pour les populations vulnérables,
- mise en œuvre directe de travaux d’accessibilité,
- évaluations et distribution d’aides techniques individuelles à la mobilité.

- actions de sensibilisation vis-à-vis des ONG locales et internationales, des autorités locales et des communautés. DLVT / Handicap international

Handicap International a notamment établi un partenariat avec Action contre la faim, pour l’adaptation de latrines, de points d’eau, d’aires de loisirs, et plus largement l’intégration des principes d’accessibilité dans leurs standards de construction des installations sanitaires. D’autres partenariats sont en cours de négociation avec d’autres ONG et agences onusiennes.


SOUTIEN AUX ASSOCIATIONS LOCALES

• Campagne nationale pour l’accessibilité

Handicap International est partie prenante de la campagne « Access For All » initiée en mars par une vingtaine d’associations de personnes handicapées sri-lankaises, réunies au sein du consortium Disability Organisations Joint Front (DOJF), avec l’appui de partenaires internationaux (Handicap International, John Grooms Overseas, Motivation, Christoffel-Blindenmission). Parmi les actions menées dans le cadre de la campagne : nombreuses rencontres avec les autorités nationales et les acteurs de la reconstruction, diffusion de documentation technique auprès des prescripteurs, quatre conférences de presse, création d’un site Internet.

>> Le gouvernement sri-lankais a fait siens les principes d’accessibilité et a présenté une directive pour assurer l’accessibilité de toutes les nouvelles constructions, notamment suite au tsunami.

Dans les trois districts où elle est présente, et où il n’existe pas d’associations de personnes handicapées, Handicap International s’est fait l’écho de cette campagne auprès des prescripteurs (autorités locales et bailleurs de fonds) et des constructeurs.

• Appui à des initiatives spécifiques

© F. Milesi / Handicap InternationalRehab Lanka est une association, membre du DOJF, spécialisée dans l’insertion professionnelle des personnes handicapées. A travers des actions de formation variées, elle a notamment permis à de nombreuses personnes handicapées de trouver un emploi dans l’industrie textile. Handicap International lui a commandé 250 t-shirts aux couleurs de l’association et de ses bailleurs de fonds. Surtout, Handicap International s’approvisionne prioritairement auprès des ateliers de Rehab Lanka pour l’achat de tricycles adaptés, de fauteuils roulants et autres aides à la mobilité (béquilles, déambulateurs…).

En juillet, Handicap International a créé un Fonds société civile, doté de 100 000 euros. Ce fonds est destiné à soutenir les initiatives d’associations de personnes handicapées membres du DOJF. Fin octobre, Handicap International avait reçu neuf candidatures et cinq associations avaient été désignées comme partenaires éligibles.

DES CENTRES RESSOURCES POUR LES PERSONNES HANDICAPEES

Parallèlement à ces actions visant des acteurs déjà existants et organisés, l’un des enjeux forts du programme consiste à favoriser l’émergence de nouvelles associations, dans l’Est et le Sud-est, tout en les mettant en réseau avec le DOJF. C’est autour de 5 centres ressources pour les personnes handicapées que ces dynamiques doivent prendre corps. A terme, les associations nouvellement créées devront pouvoir assurer la gestion des structures mises en place par Handicap International.

Handicap International a créé des centres de ressources sur le handicap (Disability Information and Resource Centres) dans les districts de Batticaloa, Ampara, Hambantota et Trincomalee. Espaces de rencontre et d’orientation animés par des personnes handicapées, on y trouve les services suivants :
- des annuaires d’organisations et de services intervenant dans le domaine du handicap y sont gérés et mis à jour ;
- des outils de prévention et de sensibilisation des acteurs du handicap (acteurs gouvernementaux, ONG nationales et internationales) sont mis à disposition ;
- des séminaires et des ateliers y sont organisés (prévention, sensibilisation, formations pour les personnes handicapées, soutien technique dans le domaine du handicap) ;
- la campagne nationale « Access For All » (accessibilité, RBC, etc.) y est relayée.

 
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