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Le drame des mines antipersonnel
UNE
ARME QUI TUE EN TEMPS DE PAIX
Ce
qui distingue les mines antipersonnel de toutes les autres armes
est qu'une fois posées, elles échappent à tout
contrôle. Elles restent actives pendant des dizaines d'années
et peuvent tuer ou mutiler en temps de paix ; elles frappent indistinctement
combattants et non-combattants, adultes et enfants.
| La
seule arme qui soit déclenchée par sa victime. |
Les
mines antipersonnel sont conçues pour se déclencher
du fait de la présence, de la proximité
ou du contact involontaire d'une personne. La faible charge
explosive qu'elles contiennent en fait des armes élaborées
pour mutiler : leur objectif est de blesser gravement,
de démoraliser l'adversaire. Elles font du blessé
une charge permanente pour le camp adverse, pour le système
de santé et pour sa communauté d'origine.
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Aujourd'hui
encore, chaque année, les mines font entre 15 000 et
20 000 nouvelles victimes.
L'IMPACT
SUR LA VICTIME
| Les
mines infligent des blessures graves qui entraînent
des conséquences physiques, psychologiques et sociales. |
Les
chances de survie sont moindres pour les enfants en raison
de leur plus grande fragilité. La mortalité
est d'autant plus grande que l'accès aux structures
de soins est difficile. La mutilation entraîne une
limitation des capacités physiques qui empêche
la personne de jouer un rôle au sein de la société.
Les conséquences psychologiques et sociales sont
aussi graves que les dommages physiques. La famille et
la communauté, elles-mêmes fragilisées
par le contexte, stigmatisent et rejettent la personne
handicapée, qui se trouve marginalisée et
exclue.
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L'IMPACT
SUR LES ECONOMIES
| La
population est durement touchée, et la menace des mines
interdit l'accès et l'utilisation des terres agricoles,
des infrastructures de communication et d'irrigation, des
ressources naturelles. |
Dans
les pays pauvres, l'effort consenti pour les soins et la
réadaptation des victimes de mines détourne
les ressources utiles pour la prévention et la lutte
contre les grandes maladies (tuberculose, poliomyélite,
malaria). Indirectement, la présence des mines entrave
l'amélioration des conditions sanitaires, dans la
mesure où elle limite l'accès des populations
aux services de santé, à l'eau potable et
aux terres cultivables. La présence des mines constitue
un obstacle à la mise en uvre des plans de
paix, de rapatriement et de réinstallation des populations
réfugiées et déplacées, dans
les périodes d'après-conflit.
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DES
RISQUES LIES A LA PROLIFERATION INCONTROLEE
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200 millions de mines antipersonnel fabriquées en 25 ans
230 millions de mines stockées dans le monde
90 pays pollués, et de nouvelles
victimes dans 70 d'entre eux en 2001 Parmi les pays
les plus minés : Afghanistan, Angola, Bosnie, Cambodge,
Mozambique. |
Il
existe plus de 360 modèles de mines antipersonnel,
produits par 48 Etats au cours de la dernière décennie.
Initialement prévues pour défendre des sites
militaires stratégiques, les mines ont progressivement
été utilisées dans le cadre de mouvements
offensifs, pour contrôler des territoires ou terroriser
des populations. Les mines peuvent être lancées
en grande quantité (plusieurs centaines de milliers
à la minute) à partir d'avions, de véhicules
lanceurs, ou par tirs d'artillerie.
Devenue
incontrôlable, la pollution à grande échelle
menace gravement les populations et rend de plus en plus
ardue et dangereuse la tâche des démineurs,
d'autant plus que les nouvelles générations
de mines sont de plus en plus difficiles à détecter.
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UNE
VIOLATION DU DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE
| La
prolifération des mines antipersonnel et la pollution
mortelle qu'elle engendre affectent aussi d'autres normes
et domaines, tels que ceux des droits de l'homme, de l'environnement
et du développement. |
En
raison de leurs caractéristiques spécifiques
et des méthodes employées, l'utilisation des
mines constitue une violation grave du droit humanitaire
international existant (Convention de Genève et protocoles
additionnels). Ce droit s'applique à tous les Etats
et oblige les parties en conflit à faire la distinction
entre population civile et combattants, et donc à
ne jamais employer d'armes de manière indiscriminée.
De ce fait, les Etats qui, indirectement (par la production
et le transfert) ou directement (par l'emploi), contribuent
à la prolifération des mines antipersonnel
participent à cette violation du droit international
humanitaire.
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Les
mines antipersonnel doivent être interdites
Interdire
totalement les mines est la seule solution efficace pour
arrêter la prolifération. C'est aussi la seule
façon de mettre en cohérence le droit international
avec les efforts fournis par les organisations non gouvernementales
et par les agences internationales dans les domaines du
soin aux victimes, de la prévention des accidents
par mines et du déminage.
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Pour
en savoir plus
- Essai de typologie des
mines antipersonnel
- L'action
globale de Handicap International contre les mines
-
Liens vers d'autres sites
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