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Typologie des mines antipersonnel
Les
manuels militaires définissent la mine antipersonnel comme
un engin pyrotechnique conçu pour être déclenché
par une action involontaire de l'ennemi, afin de provoquer la mise
hors de combat du personnel. Jusqu'à sa révision en
avril-mai 1996, le Protocole sur la limitation de l'emploi des mines,
pièges et autres dispositifs* définissait
la mine comme un engin quelconque placé sur ou dans le sol,
ou sur une autre surface, et conçu pour exploser ou éclater
du fait de la présence, de la proximité ou du contact
d'une personne.
C'est cette dernière définition que retiennent les
associations qui mènent campagne contre ces armes. Elles
ajoutent aussi que, dans l'absolu, si l'on se base sur les conséquences
subies par les victimes et non sur une définition technique,
"toute arme susceptible de blesser ou de tuer un civil de manière
involontaire après une guerre" devrait être considérée
comme mine antipersonnel. Cela étant, il est convenu de regrouper
les quelque 360 modèles identifiés de mines, simples
ou élaborées, en deux grandes catégories techniques
: celle des mines à effet de souffle et celle des mines à
fragmentation.
*
Protocole II de la Convention des Nations unies sur l'interdiction
ou la limitation de l'emploi de certaines armes classiques qui peuvent
être considérées comme produisant des effets
traumatiques excessifs ou frappant sans discrimination. Cette convention
peut être désignée par l'expression "Convention
de 1980" ou par le sigle CCAC.
Essai
de typologie
Les
mines antipersonnel à effet de souffle
Elles sont généralement enfouies à moins de
4 cm dans le sol ou posées en surface et camouflées.
Déclenchées par la simple pression d'un pas, elles
explosent en provoquant l'amputation traumatique ou des dégâts
qui causeront une amputation chirurgicale d'un ou de plusieurs membres,
et des blessures secondaires.
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Mine
antipersonnel à effet de souffle
Modèle : M 14 (Etats-Unis)
Hauteur : 44 mm
Diamètre : 57 mm
Poids : 94 g
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Mine
antipersonnel à effet de souffle
Modèle : FAMA (Espagne)
Hauteur : 38 mm
Diamètre : 71 mm
Poids : 86 g |
Les
mines antipersonnel à fragmentation
Les mines antipersonnel à fragmentation sont installées
montées au-dessus du sol, sur des piquets, attachées
à des arbres ou des buissons et ensuite camouflées.
Elles sont habituellement reliées à des fils-pièges
: une traction d'un kilo suffit à déclencher l'explosion.
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Mine
antipersonnel à fragmentation
(mine à piquet)
Modèle : POMZ 2 (CEI)
Hauteur : 110 mm
Diamètre : 64 mm
Poids : 1,7 kg
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Les
mines antipersonnel à fragmentation directionnelles sont
également reliées à des fils-pièges
et projettent, dans un rayon de 50 mètres et sur 60 degrés
environ, des billes ou des éclats métalliques (200
à 600) qui peuvent tuer et entraîner une amputation
traumatique.
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Mine
antipersonnel à fragmentation (directionnelle)
Modèle : MRUD (type Claymore)
(Yougoslavie : Serbie-Monténégro)
Hauteur : 318 mm
Longueur : 230 mm
Poids : 3,1 kg
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Propulsées
en l'air par une première charge, les mines à fragmentation
bondissantes explosent en projetant des billes ou des éclats
métalliques dans un rayon minimum de 25 mètres et
sur 360 degrés, causant, suivant leur hauteur, des blessures
létales ou graves, toutes les parties du corps pouvant être
atteintes.
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Mine
antipersonnel à fragmentation (bondissante)
Modèle : VALSELLA - Valmara (Italie)
Hauteur : 205 mm
Diamètre : 130 mm
Poids : 3,2 kg
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Les
mines mises en place à distance peuvent être à
fragmentation ou à effet de souffle, même si cette
dernière catégorie est la plus répandue. Ces
mines sont lancées et dispersées par une pièce
d'artillerie, un lance-roquettes multiple, un mortier, ou larguées
à partir d'un aéronef (avion, hélicoptère).
Elles ont clairement une fonction militaire prolongée, et
rien n'est fait pour diminuer les risques des populations non combattantes.
Parmi elles, il faut citer la tristement célèbre mine
soviétique "papillon", particulièrement
attirante pour les enfants, larguée par dizaines de milliers
sur l'Afghanistan.
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Mine antipersonnel à effet de souffle,
mise en place à distance
(dispersion par hélicoptère)
Modèle : PMF-1 surnommé "papillon" (CEI)
Hauteur : 60 mm
Envergure : 112 mm
Poids : 70 g
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Initialement
conçues à des fins strictement militaires, les mines
antichars et antivéhicules ont également des effets
antipersonnel. Elles parsèment les routes et pistes de nombreux
pays.
Enfin,
les munitions non explosées peuvent être considérées,
sur la durée, comme des armes antipersonnel : elles restent
actives, instables, hautement explosives, et contiennent parfois
des produits incendiaires comme le phosphore blanc. La manipulation
de ces armes, par des personnes non expérimentées,
a déjà fait d'innombrables victimes parmi les enfants
qui jouent avec les objets qu'ils trouvent, mais aussi parmi les
adultes qui, dans un contexte d'extrême pauvreté, cherchent
à récupérer les parties métalliques
de ces munitions pour les revendre.
Les
enjeux de la terminologie
La
définition même de ces armes et leur classification
sont déterminantes au regard du droit international. En effet,
le fait d'attribuer ou de dénier certaines caractéristiques
techniques à une mine antipersonnel suffit à la déclasser,
à la "ranger" dans une autre catégorie d'armes,
pour qu'elle échappe aux contraintes et aux interdictions
d'emploi prévues par la législation. Celle-ci est
d'ailleurs suffisamment imprécise dans ses définitions
pour être contournée. Les fabricants peuvent ainsi
jouer avec la nomenclature et les notices technologiques afin de
prouver que leurs productions ne sont pas des mines antipersonnel.
Ainsi, certaines "sous-munitions" (mines contenues dans
d'autres engins explosifs), les mines hybrides (mines antichars
pourvues d'un dispositif antipersonnel), de même que l'artillerie
non explosée (telles les petites bombes à fragmentation
utilisées durant la guerre du Vietnam), échappent
au champ d'application de la Convention, quand bien même elles
continuent de tuer et de mutiler de très nombreux civils,
des années après avoir été dispersées.
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