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Le processus d'Ottawa

Le processus d'Ottawa est une initiative canadienne qui a débouché sur la signature, en décembre 1997, de la Convention sur l'interdiction de l'emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction (traité d'Ottawa).

La révision, en 1996, de la Convention de 1980 "sur l'emploi de certaines armes classiques qui peuvent être considérées comme produisant des effets traumatiques excessifs ou comme frappant sans discrimination", aurait dû, selon les ONG de la Campagne Internationale pour Interdire les Mines, aboutir à l'interdiction des mines antipersonnel. Or, sans interdire clairement les mines existantes, la nouvelle convention encourage la production de mines programmables dites "intelligentes", sous prétextes humanitaires.

Le Canada s'appuie sur cet échec pour organiser, en octobre 1996, une première conférence intergouvernementale, à Ottawa, où il réunit les ONG et les 40 pays publiquement en faveur de l'interdiction. A l'issue de cette conférence, le Canada lance un incroyable défi : signer un traité d'interdiction totale des mines antipersonnel fin 1997.

La nature indiscriminée des mines antipersonnel rend en effet inacceptables les acrobaties sémantiques permettant les contournements d'interdictions partielles. Seule une interdiction totale et sans restrictions peut établir une norme morale simple, compréhensible par tous et donc universelle. Elle seule peut permettre de faire pression sur les Etats, les armées ou les guérillas qui utiliseraient quand même des mines antipersonnel, ou qui en feraient commerce.

L'alliance entre les ONG de la Campagne Internationale pour Interdire les Mines et les diplomates fait merveille : en décembre 1997, 123 pays signent la Convention d'interdiction complète des mines antipersonnel.

Entrée en vigueur le 1er mars 1999, après la 40e ratification (celle du Burkina Faso), la convention d'Ottawa a permis la constitution d'un pôle de référence que peuvent rejoindre progressivement les Etats décidés à se conformer au droit humanitaire international.

Sur le plan diplomatique, l'existence d'une nouvelle norme stigmatise les Etats qui dissimulent derrière les arguments techniques ou stratégiques leur refus de renoncer à des pratiques militaires et commerciales inacceptables. Avec plus de 140 Etats signataires, l'interdiction s'impose aujourd'hui comme la nouvelle norme internationale ; les non-signataires sont clairement pointés du doigt.


Pour en savoir plus
- "Baromètre des ratifications" du Traité
- Texte du traité d'Ottawa

 
Handicap International UK
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