Liban : sous la menace des BASM
Malgré le cessez-le-feu du 14 août au Liban, les populations civiles sont en danger permanent à cause de l’utilisation massive de bombes à sous-munitions (BASM) qui ont touché près de 500 sites. Selon les Nations unies, près de 50 % de ces sous-munitions n’ont pas explosé à l’impact. Plus que jamais, Handicap International intensifie son combat contre ces armes.

La suspension des hostilités au Liban a permis aux populations civiles de retourner chez elles. Dès le 15 août, l’immense majorité des réfugiés avaient repris la route pour réinvestir leurs logements, sans toujours être conscients du danger qu’ils couraient. Car l’utilisation de bombes à sous-munitions a été massive au Liban, surtout, d’après les Nations unies, dans les 72 heures qui ont précédé la trêve. Et une forte proportion de sous-munitions n’a pas explosé à l’impact (un responsable des Nations unies estime ce taux d’échec à près de 50%). D’après Human Rights Watch, la menace qui en résulte pour la population civile est plus importante que celle constatée en Irak en 2003, en Afghanistan en 2001 ou au Kosovo en 1999, où ce type d’armes avait déjà été utilisé.
Seulement trois semaines après le cessez-le-feu, on recense déjà 80 victimes de sous-munitions non explosées (14 morts et 66 blessés), dont 20 enfants. Handicap International est engagée depuis trois ans dans une campagne pour faire interdire les bombes à sous-munitions, dont l’utilisation viole le droit international humanitaire. Le conflit au Liban est une nouvelle occasion de dénoncer ces armes qui ne permettent pas de faire la distinction entre populations civiles et cibles militaires, et qui menacent les civils après l’arrêt des combats.
Le 12 septembre, Jean-Baptiste Richardier, dans une tribune publiée par Le Monde, rappelait que ces armes « constituent autant de pièges particulièrement sournois et meurtriers pour les populations, qui s'efforcent de reconstruire leur vie. Un faux pas, la curiosité insouciante d'un enfant déclencheront l'irréparable ». Le directeur général de Handicap International, ajoutait donc que « la seule solution humainement responsable est leur interdiction ». Et le 15 septembre, Handicap International, dans un Appel solennel au gouvernement français et aux présidentiables, déjà soutenu par plus d’une centaine de personnalités, demande l’interdiction de ces armes. Un combat que chacun peut relayer et soutenir en se rendant sur le site www.sous-munitions.org et en se rendant aux 12e Pyramides de chaussures organisées, le 30 septembre, dans 39 villes de France.
Photo : Handicap International